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George Rodger, photographies

George Rodger, photographies
représenté par Magnum photos

Fnac Ternes du 5 avril au 11 juin 2005
26,30 avenue des Ternes, Paris 17ème

Capa était un photographe de combat " a déclaré Rodger ". Moi, j'ai photographié à la guerre ". Cette phrase, dans sa concision et sa distance, résume bien l'ambivalence profonde de Rodger à l'égard d'une guerre qu'il a pourtant photographiée au quotidien à partir de 1940, se montrant toujours plus intéressé par la couverture en profondeur des évènements que par les " scoop " et la violence.

Rodger_magnum2 C’est la guerre qui lui donne sa première chance de photographe à Londres, où les photo-journalistes réfugiés de l’Allemagne nazie sont classifiés comme « ennemy alien » et voient leurs appareils photo confisqués. Il collabore aux magazines illustrés tels que Picture Post et l’Illustrated et couvre la vie quotidienne des Londoniens et leur courage pendant les bombardements allemands qui mettent la ville à feu et à sang et feront 48.000 victimes.

Grâce à un reportage sur la Tamise il est remarqué par Life qui l’engage en indépendant puis lui donne sa première commande de correspondant de guerre : suivre les Forces Françaises libres qui combattent les troupes de Mussolini au Cameroun et dans le Sahara Occidental.

Suit un périple de deux ans et 120.000 kilomètres à travers la Syrie, l’Erythrée, l’Ethiopie, l’Iran et la Birmanie.  En 1942 Life consacre sept pages à ses aventures de correspondant de guerre rédigées à la première personne, un honneur jamais accordé à un photographe et l’année suivante Rodger rédige en six mois deux volumes illustrés sur ses aventures de guerre : Voyage au désert et La lune rouge se lève.

En 1943 Rodger débarque en Afrique du Nord puis en Sicile avec l’armée américaine Pendant son séjour en Italie il se lie d’amitié avec Robert Capa, déjà célèbre pour son travail sur la guerre d’Espagne, avec qui il engage des discussions sur l’idée d’une coopérative de photographes qui se concrétiseront en 1947 avec la fondation de l’agence Magnum. Rodger_magnum3_1 Il fait la campagne d’Italie avec l’armée britannique et couvre le siège de Naples et l’éruption du Vésuve qui coïncide avec la retraite allemande, ainsi que le bombardement désastreux de Monte Cassino.

En 1944 Rodger couvre le débarquement de Normandie avec l’armée britannique puis la libération des capitales européennes avant de traverser le Rhin en 1945 avec Churchill et Montgomery. Le 20 avril 1945 il est le premier photographe à pénétrer dans le camp de concentration de Bergen-Belsen et le lendemain envoie à Life son texte et ses photos sur les 17.000 morts entassés dans le bois de pin, les rares survivants, des portraits des gardes au Rolleiflex, ainsi qu’une terrible séquence sur les officiers et les gardes forcés par les troupes américaines à enterrer les morts dans une gigantesque fosse commune. Ces photographies publiées dans le magazine, touchent des millions de lecteurs.

Mais Rodger a subi à Belsen le plus grand traumatisme de sa vie et ne se pardonne pas d’avoir cherché des cadrages devant les victimes et donné une forme esthétique à « ce stade ultime de l’avilissement humain ». C’est après Belsen que le héros de guerre qui a reçu dix-sept médailles pour son courage prend une décision drastique : plus jamais il ne prendra de photographies de guerre.

Carole Naggar, Commissaire de l’exposition

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