Jacob Holdt - "American Pictures"
du 18 janvier 07 au 17 février 07
à la galerie du Centre Atlantique de la Photographie - le Quartz
2-4 avenue Clemenceau - Brest
" Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, je suis immédiatement tombé amoureux du pays mais la première chose qui m’arriva fut de me faire braquer par trois Noirs. Cela a changé ma vie et m’a donné envie de comprendre l’origine de toute cette haine, de toute cette souffrance derrière les armes. "
entretien avec Natacha Wolinski, Mat ou brillant, France Culture, 11 avril 2006
En 1971, à 24 ans , Jacob Holdt découvre les Etats-Unis qu’il parcourt à pied et en stop, vagabondant pendant cinq années, vendant son sang pour survivre à travers 48 états, avec une attirance particulière pour les exclus du rêve américain. Fils, petit-fils et arrière petit-fils de pasteurs au Danemark, il raconte dans les lettres à son père, ses déboires et ses rencontres, notamment au sein de la communauté noire dont il " tombe littéralement amoureux " selon son expression, et dont il s’attache à comprendre l’ostracisme et le racisme dont elle fait l’objet. Incrédule, son père lui envoie un appareil photographique, charge à Jacob de prouver ses dires.
Ces images frappent par la proximité d’un quotidien partagé, leur étonnante simplicité où perce l’infini respect que l’on devine derrière l’objectif, l’absence de parti pris démonstratif et en même temps la compassion sincère pour des compagnons de fortune ou d’infortune avec en fond le constat sans détour de la banalité de l’exclusion et de la misère. Il est troublant de remarquer que ce reportage social répond comme en écho à celui, pionnier à la toute fin du XIXème siècle, d’un autre danois, Jacob Riis, qui dénonça les conditions de vie des immigrants arrivant à New York. Comme chez Riis, les vues des personnes à l’intérieur de leur logement saisies dans la brutalité de la lumière artificielle, abondent dans le travail de Jacob Holdt et donnent une force inouïe à l’ensemble. Ce corpus de diapositives, prises avec un simple appareil demi-format, se révèle une source documentaire inépuisable pour leur auteur, dont elle constitue la base de son travail de conférencier sur le racisme et les discriminations. Aujourd’hui sous forme d’exposition, elles nous confrontent à la fois au destin et aux projets d’un jeune européen qui a utilisé la photographie pour raconter aux siens sa descente dans les affres du rêve américain, et dans le même temps à l’ambiguïté du document photographique qui vaut autant pour ce qu’on veut voir et ce qu’on en fait, que pour ce qu’il montre. Jacob Holdt qui passe désormais sa vie à démonter les stéréotypes et les préjugés concernant le racisme et l’exclusion, nous montre aussi comment il faut se méfier des stéréotypes concernant l’image.
Biographie de Jacob Holdt :
Né en 1947 à Copenhague et devenu photographe avec l’impérieuse exigence du témoignage, Jacob Holdt a réalisé des milliers de photographies couleur qu’il a rassemblé en 1976 dans un diaporama qui connut un grand retentissement au Danemark. En 1978, un livre où sont compilés images et textes relatant son incroyable expérience de la société américaine des années 1970, décide de sa vocation de conférencier. La redécouverte de ses images par six centres photographiques permet d’apercevoir un ensemble photographique totalement inédit et saisissant, où la personnalité et le destin hors normes de leur auteur s’accompagnent d’un usage du reportage photographique qui se veut en adéquation avec le sort des sujets photographiés.
D’avantage d’informations sur : www.american-pictures.com
Coproduction : la Filature-scène nationale de Mulhouse, Centre de photographie de Lectoure, Pôle Image Haute Normandie de Rouen, Centre culturel André Malraux de Vandoeuvre lès Nancy, la Passerelle-scène nationale de Gap, et Centre atlantique de la photographie de Brest.
Centre atlantique de la Photographie
BP 11 111 - 29 211 - Brest cedex 1
02 98 46 35 80 - 06 72 68 08 49
site : centre-atlantique-photographie.asso.fr
Commentaires